.

.
Facebook: I lettori di Domenico Losurdo

lunedì 30 aprile 2012

L'età di Stalin come epopea dello sviluppo

Ringraziamo Luigi Sanchi per aver segnalato questo intervento molto interessante [SGA].
Pour en finir avec l’hypothèque stalinienne

par Jean-Claude Lecas
(Centre national de la recherche scientifique)

Le paradoxe d’aujourd’hui c’est la quasi disparition de l’idée communiste du débat public, alors que les principes de base du marxisme n’ont jamais semblé aussi actuels. La faillite de plus en plus évidente de l’idéologie néolibérale tombe en effet directement sous le coup des analyses du Capital. Loin d’être la solution, le marché est à l’évidence le problème car, selon la formule de David Harvey, «rien n’est plus inégalitaire que le traitement égalitaire des inégaux». [1]
[1] David Harvey, A companion to Marx’s Capital, London, Verso, 2010, Chapitre 11.
La dernière décennie a prouvé que le marché libreˮ est bien intrinsèquement, et non par accident, une prodigieuse machine à produire des inégalités qui, à leur tour, sont génératrices d’instabilité et de crise.
Devant ces réalités gênantes, les thuriféraires du capital lancent alors leur argument-massue : «préférez-vous Staline et le Goulag?» Et malheureusement, en dépit de sa malhonnêteté, l’argument fait encore mouche. Cette lourde hypothèque stalinienne, qui est un véritable chèque en blanc au libéralisme, bloque le débat et paralyse tout l’imaginaire de la gauche. Rien ne doit plus ressembler à l’URSS. Or, que savons-nous d’elle?
Comme on le verra ici, les crimesˮ de Staline (fort douteux malgré la réalité des grandes hécatombes des années 1930) n’affectent aucunement la valeur des analyses de Marx. Si l’URSS a bien été fondée par des marxistes, son histoire réelle (particulièrement sous Staline) se rapporte davantage aux difficultés rencontrées par un pays pauvre pour réussir son industrialisation dans un environnement hostile que par les théories marxiennes. Ce qu’on a appelé construction du socialisme en URSSˮ fut d’abord une épopée du développement et, malgré la doctrine officielle marxiste-léninisteˮ, le communisme soviétiqueˮ fut surtout un mythe et un projet, mais non une réalité.
Ceci ne minimise pas l’importance de ce que l’URSS a apporté au monde mais explique pourquoi son histoire ne contient rien qui puisse complexer les marxistes d’aujourd’hui ni freiner leur imagination face à la crise.

I. Le socialisme, la Russie, l’histoire

1. Le minimum d’une conception marxiste du socialisme

Les termes socialismeˮ (Sieyès, 1780) et communismˮ sont des repères incontournables de la pensée politique moderne dérivés de l’humanisme égalitaire des Lumières.
Les idées socialistes sont venues au devant de la scène dans les années 1830 où elles cristallisaient l’opposition au laissez-faire libéral (et les libéraux criaient au socialisme pour empêcher toute réforme). Cependant, et comme chacun le sait, leur contenu a été profondément modifié par les analyses de Karl Marx. En effet, les projets utopiques divers proposés par les socialistes de tous poils brocardés par l’auteur du Capital [2] avaient tous en commun de chercher des remèdes aux dégâts de la révolution industrielle par la collaboration de classe.
[2] Voir par exemple la section III du Manifeste du Parti Communiste, ou le Socialisme utopique et socialisme scientifique d’Engels.
En décrivant le mécanisme de l’accroissement du capital par l’exploitation du travail salarié, Marx démontrait l’antagonisme fondamental du capital et du travail. Il en situait la raison profonde dans la contradiction entre le caractère social de la production des richesses et l’appropriation privée de la plus-value. La conséquence? Une augmentation continuelle des inégalités et des crises économiques cycliques.

Nessun commento: