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Facebook: I lettori di Domenico Losurdo

martedì 19 giugno 2012

I seminari di Domenico Losurdo a Napoli

Istituto italiano per gli studi filosofici, Napoli
25 - 28 giugno 2012
Domenico Losurdo (Università di Urbino): CHE COS’È LA LOTTA DI CLASSE? MARX E IL MARXISMO
Una teoria generale del conflitto - Lotta di classe e lotta per il riconoscimento - La lotta di classe dopo la conquista del potere - Tra XIX e XXI secolo: una lotta di classe onnipotente e introvabile.


Società di studi politici, Napoli
Mercoledì 27 giugno, ore 18.00
Palazzo Serra di Cassano in via Monte di Dio 14, Napoli
Domenico Losurdo: Ascesa e declino del Welfare nel mondo contemporaneo

Anche in francese gli ultimi interventi sul Tibet

Trad. e cura di M.-A. Patrizio

« Sur La Repubblica online du 9 juin, nous (DL) lisons :
Tibet, les dossiers dévoilés sur la guérilla : « L’argent de la Cia au Dalaï Lama »
« Sueddeutsche Zeitung : en 1951, le leader non-violent approuva la lutte armée. Les Usa entraînèrent les guérilleros des années durant, mais sacrifièrent ensuite leur appui à la cause de la realpolitik et à la normalisation de leurs rapports avec la Chine. »
De notre correspondant à Berlin, Andrea Tarquini. 
Le Dalaï Lama, depuis le début, connaissait l’appui de la Cia, des services secrets étasuniens, à la lutte armée du peuple tibétain contre l’occupant chinois. A ce qu’il semble, bien qu’étant un symbole mondial de la non-violence, il l’approuva. L’appui de la Cia commença par des engagements secrets étasuniens avec le gouvernement légitime tibétain, donc avec le Dalaï Lama en personne, de 1951 à 1956, après la brutale occupation chinoise du Tibet en 1950. L’histoire est racontée par les journalistes d’investigation du Sueddeutsche Zeitung, et aura à coup sûr provoqué des sauts de joie à l’ambassade chinoise à Berlin.

Les premiers contacts remontent à une année après l’agression chinoise. Ils ont lieu entre le Dalaï Lama et les agents étasuniens à travers l’ambassade Usa de New Delhi et le consulat à Calcutta. Le Pentagone assura au Dalaï Lama en personne, écrit le Sueddeutsche Zeitung, armes légères et aides financières pour le mouvement de résistance. Pendant l’été 1956, l’opération de la Cia au Tibet devint un dossier en lui-même, sous le nom de « ST Circus».
   On s’y propose, d’après les documents réservés et des témoignages d’anciens de la Cia comme John Kenneth Knaus, de « faire tout ce qui est possible pour garder vivant le concept d’un Tibet autonome ». Et de « développer une résistance contre tout développement au Tibet conduit par la Chine communiste ». Knaus raconte sa première, et froide, rencontre avec le Dalaï Lama. Washington s’engagea à entraîner des guérilleros tibétains dans la lutte armée contre l’occupant chinois, à les armer, et aussi, écrit le quotidien libéral de Munich en citant un présumé dossier secret, à verser 180mille dollars annuels, « sommes déclarées comme aide financière au Dalaï Lama».
    Aux mémorandums de la Cia succédèrent les faits. Les guérilleros tibétains furent entraînés dans des camps secrets d’abord dans des îles des mers du sud, puis à Camp Hale dans les Montagnes Rocheuses, où les conditions climatiques étaient proches de celles du Tibet. Les contacts avec le Dalaï Lama et sa suite étaient continus, même pendant sa fuite aventureuse du Tibet occupé vers Dharamsala en Inde. Les guérilleros entraînés par la Cia comptèrent jusqu’à 85mille unités, leur organisation s’appelait « Chushi Gangdruk ».
   Officiers et instructeurs tibétains formés par les étasuniens étaient parachutés par de vieux bombardiers Boeing B17 (les glorieuses forteresses volantes qui firent plier Hitler et le Japon) volant à basse altitude sur le Tibet occupé, sans inscription permettant de les identifier. Les guérilleros attaquaient en petits groupes. « Nous tuions volontiers autant de Chinois que nous pouvions, et à la différence de quand nous abattions des animaux pour les manger, nous ne disions pas de prières pour leur mort », raconte un vétéran de la résistance tibétaine.
   Le Dalaï Lama, écrit le Sueddeutsche Zeitung, n’a pas menti, certes, mais il n’a pas non plus jusqu’à présent dit la vérité sur ses rapports avec la lutte armée. Celui qui est salué par le Pape comme « Sa Sainteté », est défini dans le titre du quotidien allemand, dans une attaque non dépourvue de malice, comme « Heiliger Schein », apparence de sainteté. L’opération Cia avec le Dalaï Lama commença dans les années 50, mais se termina brusquement, après le voyage secret à Pékin du secrétaire d’Etat étasunien de l’époque, Henry Kissinger, au début de la normalisation des relations Usa-Chine. La cause tibétaine fut alors sacrifiée à la realpolitik des deux puissances. De nombreux guérilleros se tirèrent une balle ou se tranchèrent la gorge ou les veines plutôt que de tomber aux mains du Gabuo, la Gestapo chinoise. D’autres, mâtins de guerre, s’enfuirent au sud et s’enrôlèrent dans les meilleurs corps spéciaux indiens. » 


Voyons à présent cet extrait de La non-violence. Une histoire hors du mythe. p. 196-97. (DL)

« J’ai toujours mené la bataille tibétaine pour la liberté selon les principes de la non-violence », affirme le Dalaï Lama (Tenzin Gyatso [XIV Dalaï Lama], p. 53) Mais c’est un cadre très différent que nous découvrons dans deux ouvrages dont sont respectivement auteurs, unique pour le premier ou co-auteur pour le second, deux fonctionnaires (de grade plus ou moins élevé) de la Cia. Le premier, qui a collaboré pendant des décennies avec le Dalaï Lama et qui exprime son admiration et sa dévotion pour le « leader bouddhiste voué à la non-violence », rapporte en ces termes le point de vue exprimé par son héros : « S’il n’y a pas d’alternative à la violence, la violence est consentie ». D’autant plus qu’il convient de distinguer entre « méthode » et « motivation » : « Dans la résistance tibétaine contre la Chine la méthode était de tuer, mais la motivation était la compassion, et cela justifiait le recours à la violence ». De façon analogue, c’est-à-dire en confinant la non-violence dans la sphère des bonnes intentions, le Dalaï Lama cité et admiré par le fonctionnaire de la Cia justifie et célèbre la participation des Usa à la seconde guerre mondiale et à la guerre de Corée, dès lors qu’il s’agissait de « protéger la démocratie et la liberté ». Ces nobles idéaux auraient continué à inspirer Washington à l’occasion de la guerre du Vietnam, même si dans ce cas les résultats n’ont malheureusement pas été à la hauteur des intentions. On comprend que, sur cette base-là, la syntonie s’avère parfaite avec le fonctionnaire de la Cia, qui tient à se faire photographier avec le Dalaï Lama dans une attitude amicale et affectueuse. Il se hâte même de déclarer que lui aussi, exactement comme son vénérable maître bouddhiste, n’aime pas les « armes à feu » mais qu’il se résigne à en approuver et promouvoir l’usage quand celui-ci s’avère inévitable (Knaus, 1999, p. X et 313).  Et donc, ainsi réinterprétée, la non-violence semblerait être devenue la doctrine inspiratrice de la Cia !
   Ce sont pourtant justement les fonctionnaires de cette agence qui finissent par tracer un portrait objectivement désacralisant du Dalaï Lama. Sa fuite de Lhassa en 1959 constitue la réalisation d’ « un objectif de la politique américaine depuis au moins une décennie » (c’est-à-dire à partir du moment où se profile la victoire des communistes dans le grand pays asiatique). Au moment du passage de la frontière entre Chine (Tibet) et Inde, le Dalaï Lama nomme général un des Tibétains qui l’ont assisté dans sa fuite, pendant que deux autres, sans perdre de temps, avec la radio que leur a fournie la Cia, transmettent à celle-ci un message urgent : « Envoyez-nous par voie aérienne des armes pour 30.000 hommes » (Knaus 1999, p. 178 ; Conboy, Morrison 2002, p. 93). Malgré l’entraînement sophistiqué fourni aux guérilleros, malgré la disponibilité de leur côté d’un « inépuisable arsenal venant du ciel » (les armes parachutées par les avions étasuniens) et la possibilité de compter sur une base arrière sûre au-delà de la frontière chinoise et en particulier à la base de Mustang (au Népal), la révolte tibétaine, préparée dès avant 1959 par le lancement d’armes et d’équipements militaires dans les zones les plus inaccessibles du Tibet, échoue (Knaus 1999, p. 225 et 154-55). Pour le dire avec un historien canadien plusieurs fois cité (Tom Grunfeld) : « Les dissensions au Tibet étaient insuffisamment répandues pour soutenir une rébellion longue et ouverte » ; au contraire, « même les critiques les plus âpres contre la Chine sont obligés de reconnaître qu’il n’y a jamais eu une insuffisance de volontaires tibétains » pour l’Armée populaire de libération chinoise (Grunfeld 1996, p. 164 et 170).
        En conclusion : les commandos infiltrés à partir de l’Inde obtiennent des résultats « généralement décevants » ; « ils ne trouvent qu’un faible appui dans la population locale ». La tentative d’ « alimenter dans la zone une guérilla à grande échelle s’est révélée un échec laborieux » ; « en 1968 les forces de la guérilla à Mustang vieillissaient », sans être capables de « recruter de nouveaux éléments ».Les Usa sont obligés d’abandonner l’entreprise, ce qui provoque une grave déception chez le Dalaï Lama: « Non sans amertume, celui-ci constata qu’en 1974 Washington avait effacé son soutien au programme politique et paramilitaire » (Knaus 1999, p. 281, 235, 292 et 312). »


Sur violence et non-violence, aujourd’hui comme hier la mystification de l’idéologie dominante est omniprésente. A propos du caractère « pacifique » des manifestations de la Place Tienanmen, autre extrait de « La non-violence », p. 225-227. (DL)

« En 2001 ont été publiés et ensuite traduits dans les principales langues du monde les dits « Tienanmen Papers » qui, si l’on en croit les déclarations de ses présentateurs (étasuniens), reproduisent des rapports secrets et les procès-verbaux classifiés du processus décisionnel qui a débouché dans la répression du mouvement de contestation. Nous constatons ici un paradoxe. Nous sommes en présence de documents, dont l’authenticité est contestée par les dirigeants chinois, lesquels ont peut-être quelque difficulté à admettre la fuite à un niveau élevé de documents réservés qui, pour l’essentiel, informent sur un processus décisionnel  tellement tourmenté qu’il ne se conclut que grâce à l’intervention décisive du leader charismatique Deng Xiaoping. De leur authenticité, par contre, jurent leurs grands dieux les présentateurs et les éditeurs, selon qui les documents qu’ils publient montrent l’extrême brutalité d’un régime qui n’hésite pas à submerger dans un bain de sang une contestation absolument pacifique et en quelque sorte gandhienne. Si ce n’est que la lecture du livre en question finit par faire émerger un cadre bien différent de la tragédie qui s’accomplit à Pékin. Certes, les leaders du mouvement font parfois profession de « non-violence », mais ce sont les présentateurs étasuniens des Tienanmen Papers eux-mêmes qui soulignent que les troupes appelées au début du mois de juin pour dégager la place « se heurtèrent à une population enragée et violente ». On constate déjà combien sont significatifs les noms que s’étaient donnés les groupes les plus actifs : « Tigres volants », « Brigade de la mort », « Armée des volontaires »[1].
 En effet :

Plus de cinq cents camions de l’armée ont été incendiés au détour de dizaines de croisements […] Sur l’avenue Chang’an un camion de l’armée s’est arrêté à cause d’une avarie de moteur et deux cents révoltés ont assailli le conducteur en le frappant à mort […]. Au carrefour Cuiwei, un camion qui transportait six soldats a ralenti pour éviter de toucher la foule. Un groupe de manifestants a alors commencé à lancer des pierres, des cocktails Molotov et des torches contre le camion qui, à un moment s’est incliné sur le côté gauche parce qu’un de ses pneus avait crevé à cause des clous que les révoltés avaient semés sur la chaussée. Alors les manifestants ont mis le feu au camion en lançant des objets enflammés, provoquant l’explosion du réservoir du camion. Les six soldats sont morts carbonisés[2].

Non seulement le recours à la violence est récurrent, mais parfois avec des armes surprenantes :

Une fumée vert-jaunâtre s’éleva soudain à une extrémité du pont. Elle provenait d’un véhicule blindé endommagé qui se transformait lui-même à présent en barrage routier […] Les blindés et les chars d’assaut qui étaient arrivés pour déblayer la route des barrages n’ont rien pu faire d’autre que se mettre en file à la tête du pont. Un jeune homme est alors arrivé en courant, à l’improviste, et a jeté quelque chose dans un des blindés avant de repartir en courant. Quelques secondes après, on a vu cette même fumée vert-jaunâtre sortir du véhicule, tandis que les soldats se traînaient hors de celui-ci et se couchaient par terre, sur la route, et agonisaient en se tenant la gorge. Quelqu’un a dit qu’ils avaient inhalé un gaz toxique. Mais les officiers et les soldats, malgré leur colère, sont arrivés à garder leur autocontrôle[3].

Ces actes de guerre, avec recours récurrent à des armes interdites par les conventions internationales, s’entrecroisent avec des initiatives qui laissent encore plus pensifs : est ainsi « contrefaite une couverture du "Quotidien du peuple" »[4].
   Voyons quelles directives sont données, en face, par les dirigeants du parti communiste et du gouvernement chinois, aux forces militaires chargées de la répression :

S’il devait arriver que les troupes soient l’objet de coups et mauvais traitements entraînant la mort par les masses obscurantistes, ou si elles devaient subir l’attaque d’éléments hors la loi avec des barres de fer, briques ou cocktails Molotov, elles doivent garder leur contrôle et se défendre sans faire usage des armes. Les matraques seront leurs armes d’autodéfense et les troupes ne doivent pas ouvrir le feu contre les masses. Les transgressions seront immédiatement punies.

Si l’on se fie au cadre ici tracé par ce livre publié et diffusé pour sa propagande par l’Occident, ceux qui font preuve de prudence et de modération ne sont pas les manifestants mais bien plutôt l’Armée populaire de libération chinoise, même si l’on peut penser que n’auront pas manqué les compagnies qui, dans une situation difficile, ne seront pas arrivées à garder l’autocontrôle qu’on leur avait ordonné.
   Les jours suivants, le caractère armé de la révolte devenait plus évident. Un dirigeant de premier plan du parti communiste appelait l’attention sur un fait sans aucun doute alarmant : « Les insurgés ont capturé quelques blindés et y ont installé des mitrailleuses, à seule fin de les exhiber ». Se seraient-ils limités à une exhibition menaçante ? En tous cas, les ordres donnés à l’armée ne subissent pas de changement substantiel : «Le Commandement de la loi martiale fait savoir de la façon la plus claire à toutes les unités que l’on n’ouvrira le feu qu’en dernière instance »[5].
   L’épisode même du jeune manifestant qui bloque de son corps un char d’assaut, célébré en Occident comme symbole de l’héroïsme non-violent en lutte contre une violence aveugle et indiscriminée, est vu par les dirigeants chinois, toujours si l’on s’en tient au livre ici cité, de façon diverse et opposée :

Nous avons vu toutes les images du jeune homme qui bloque le char d’assaut. Notre char a cédé le pas à plusieurs reprises, mais le jeune homme restait toujours là, au milieu de la route, et même quand il a essayé de grimper sur le véhicule, nos soldats se sont retenus et n’ont pas tiré.  Ceci en dit long ! Si les militaires avaient fait feu, les répercussions auraient été très différentes. Nos soldats ont suivi à la perfection les ordres du Parti central. Il est stupéfiant qu’ils soient arrivés à garder leur calme dans une situation de ce genre ![6]

  Le recours par les manifestants à des gaz asphyxiants ou empoisonnés et surtout l’édition pirate du « Quotidien du peuple » montrent clairement que les incidents de la Place Tienanmen n’ont pas été une affaire exclusivement interne à la Chine. »



[1] Nathan, Link, 2001, p. 446, 424, 393.
[2] Nathan, Link, 2001, p. 444-45.
[3] Nathan, Link, 2001, p. 435.
[4] Nathan, Link, 2001, p. 324.
[5] Nathan, Link, 2001, p. 293.
[6] Nathan, Link, 2001, p. 428-29.

Publiés le 9 juin 2012 sur le blog de D. Losurdo,
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio.
Diffusion des extraits de « La non-violenza. Una storia fuori dal mito » avec l’autorisation de l’auteur.

Bibliographie

Conboy K., Morrison J. (2002), The CIA’s secret War in Tibet, University press of Kansas, Lawrence.

Grunfeld A.T. (1996), The Making of Modern Tibet, Sharpe, Armonk (N.Y.)-London, revised edition.

Knaus J.K. (1999), Orphans of the Cold war. America and the Tibetan Struggle for survival, PublicAffairs, New York.

Losurdo D. (2010) La non-violenza. Una storia fuori dal mito. Laterza, Rome-Bari.

Nathan A.J., Link P. (présenté par) (2001), Tienanmen, Rizzoli, Milan.

Tenzin Gyatso [XIV Dalaï Lama], 2009, Il mio Tibet, Urra, Milan.

lunedì 18 giugno 2012

Anche in arabo l'intervento sull'industria dell'indignazione

Ringrazio i traduttori per il loro lavoro [DL].



من الحرب على إسبانيا عام 1898 الى الحرب على سورية
أسبقية الولايات المتحدة في الفبركة الإعلامية


De la guerre contre l'Espagne de 1898 à la guerre contre la Syrie.
 Le primat
 étasunien de la désinformation.

الحرب والسخط.. وبناء العدو
دومينيكو  لوسيردو

Guerre, indignation et construction de l’ennemi
Domenico Losurdo
من أجل التوضيح بشأن الحملة الإعلامية والعسكرية المتعددة الأطراف التي تعمل ضد سورية، أعيد –هنا- استنساخ مقتطف من كتابي "التعديلية في التاريخ.. المشاكل والأساطير" (ترجمه من الإيطالية جان ميشيل غو، 2006/ ألبين ميشال، باريس).
(منشور على مدونة المؤلف بتاريخ 12 جوان 2012 (:http://domenicolosurdo.blogspot.fr/).
.."بالتأكيد، منذ الأزل، كانت الصراعات مصحوبة دائما بمحاولات التشهير بالعدو، وبناء دعاية ذكية منسوجة من الأكاذيب. يتعلق الأمر بسلاح يستخدم ضد جماعات عرقية معينة، تعتبر غريبة عن الحضارة. وترمى بوصمة عار "البربرية" من خلال الإشارة إلى ممارساتها "الوحشية".
في أمريكا، تم تصوير الهنود الحمر بطريقة مثيرة للاشمئزاز إلى حد يقضي بالمضي في إزالتهم من على وجه الأرض بقسوة. ان الحرب الإبادية التمييزية ضد السكان المستعمرين، سواء كانت خارجية أو داخلية في الحاضرة، مبررة بطريقة تجردهم من إنسانيتهم، يتم الحصول عليها عن طريق اختراع خالص من "الفظائع"، أو من التضخيم والقراءة الأحادية الجانب للأعمال الوحشية التي ارتكبت حقا. يمكن ان نضع في هذا السياق أسطورة طقوس قتل، نسبت لليهود على مدى قرون، لختم ظاهرهم المستعصي على الحضارة، على هذا النحو.
وفي الدرجة التي يتضمن فيها سخط الصراعات بين شعوب "متحضرة" طرد العدو خارج المجتمع المدني، نستخدم ضده سلاحا تقليديا مخصصا للقتال ضد "البرابرة". وهكذا، يمضي كل من الطرفين المتحاربين قدما، خصوصا الشمال، في حرب انشقاق.
لكننا في هذا القرن، نشهد نقلة نوعية. ففي الوقت الذي عُرفت صناعة الموت على نطاق واسع، ظهرت صناعة الأكاذيب أو أنصاف الحقائق على نطاق واسع، من اجل تجريم العدو وتدمير صورته.
لقد تم فعلا تحضير الحرب الاسبانية الأمريكية، التي اختتمت القرن التاسع عشر وافتتحت العشرين، إيديولوجيا من طرف الولايات المتحدة، من خلال نشر "نقاط" ملفقة من كل جانب، وصمت الإسبان كمسؤولين عن إعدام السجناء العزل، وذبح 300 امرأة كوبية [1]. وكان هناك مزيد من التصعيد إبان الحرب العالمية الأولى. ومع ان المعسكرين كليهما طوراها، فإن حملة القذف قد سجلت بسرعة غلبة واضحة للوفاق.
وقد بدأت الاستنكارات الغربية للفظائع الألمانية مع انتهاك الألمان حياد بلجيكا في أوت/آب من عام 1914. لقد قيل ان الألمان اغتصبوا النساء، وحتى الأطفال، وأنهم خوزقوا الرجال وصلبوهم، وأنهم قطعوا الألسن والأثداء، وثقبوا العيون واحرقوا قرى بأكملها. لم تكن هذه الأخبار منشورة في صحف الفضائح فقط، بل وكانت تحمل أيضا تواقيع كتاب مشهورين، من جون بوشان الى آرثر كونان دويل، وأرنولد توينبي، على سبيل المثال لا الحصر [...].
إننا نعرف الآن أن الشهادات والبيانات والصور التي وثقت فظائع ألمانيا في ذلك العصر، كانت كلها نتيجة تلاعب ذكي، وفر إسهامه الجيد لصناعة السينما الأميركية الناشئة، حيث شهدت كواليس ولاية نيوجيرسي تصوير مشاهد عن السلوك الهمجي والوحشي لقوات "غيوم" في بلجيكا !! [3].
هناك سمتان لـ"الفظائع" التي تعزى إلى الألمان تدعوان –خاصة- الى التأمل: ان اغتصاب النساء وقطع الأثداء يعودان بنا مجددا إلى تمثيلات الإيديولوجية الرسمية التي سعت من خلالها الولايات المتحدة إلى إثارة كل من "القلق الجنسي والقلق العنصري" ضد الهنود [4]. ثم هناك الرجال "المصلوبون": مثلما تنسب الآن إلى الألمان ممارسة طقوس في القتل.

ترجمة: خالدة مختار بوريجي

هامش
[1] ميليس، 1989، ص. 60.
[2] لاكور، 1995، ص. 18-19.
[3] جلبرت، 1994، ص. 432.
[4] غالوي، عام 1995. 

Nuove ipotesi sui massacri in Siria

by global research tv
 

giovedì 14 giugno 2012

Un nuovo intervento di una lettrice. Questioni politico-culturali e questioni organizzative

Per evitare equivoci, chiarisco subito la mia collocazione e il mio punto di vista:
1) Mi onoro di essere membro del Partito dei comunisti italiani, ma sono ovviamente consapevole che diverse possono essere e sono le collocazioni dei comunisti e che il dibattito sull'unità dei comunisti è in pieno svolgimento.
2) A tale dibattito mi sento in grado di dare un contributo soprattutto in quanto intellettuale. Tre mi sembrano i più rilevanti nodi teorici e politici, che qui per brevità formulo con tre domande retoriche:
a) dobbiamo continuare a subire in modo passivo e codista l'infangamento e la liquidazione della storia del movimento comunista?
b) vogliamo o no reagire alla campagna con cui l'imperialismo cerca di screditare e isolare la Repubblica popolare cinese?
c) siamo in grado di contrastare i bombardamenti multimediali e l'industria della disinformazione e dell'indignazione con cui oggi più che mai vengono preparate le più infami guerre coloniali e neo-coloniali?
E' chiaro il nesso tra le tre questioni: la disinformazione investe il passato oltre che il presente; la diffamazione del grande paese asiatico, che è guidato da un Partito comunista e che col suo prodigioso sviluppo (economico e culturale) mette fine al «secolo di umiliazioni» imposto dall'imperialismo, serve da un lato a screditare ulteriormente il comunismo, dall'altro a indebolire il fronte anti-imperialista e anti-colonialista. 
Stimolando il dibattito e facendo chiarezza su tutto ciò, questo blog può contribuire all'unità dei comunisti e all'unità della lotta: in questo senso andava l'invito ai lettori che avevo premesso all'intervento di Scotuzzi e che ribadisco. Prego però i lettori di affrontare tale problematica sul piano politico-culturale e non su quello strettamente organizzativo. Un tema, questo, per il quale ci sono di altre sedi o si possono approntare altri strumenti.
DL


Il Partito Comunista Italiano che verrà
Rachele Marmetti

Era ora! Benvenga l’appello alla fondazione del Partito Comunista Italiano! Fondazione, non ri-fondazione.
È indispensabile partire nella chiarezza, con comprovata estraneità alle porcherie del regime, con proclamata adesione al comunismo delle origini, senza sospetti di contiguità con quella sedicente sinistra il cui massimo impegno consiste nel mendicare qualche lampo di visibilità su Raiset (Rai e Mediaset) o nell’accodarsi, cum sportula, a ritirare provvidenze, premio per un’innocua opposizione, prona sino alla connivenza con nuove guerre coloniali.
Credo che questo sito, per il livello culturale, il rigore accademico, la coerenza politica e la massima libertà di espressione, sia il punto di riferimento adatto.
Ma come si fonda un partito comunista e dunque antagonista, in uno Stato che, umiliato di fatto dal dopoguerra a provincia dell’impero Usa, negli ultimi decenni ha venduto l’anima a un despota televisivo e la libertà a un comitato d’affari (Commissione Europea)?
Dobbiamo far leva sulle sole forze che abbiamo e sull’immenso potenziale che ci viene dalla forza delle nostre idee. Aspiriamo a essere gli alfieri di quei valori morali e universali che ormai siamo rimasti in pochi ad affermare. Li hanno abiurati i partiti che molti decenni fa guidarono al riscatto le masse subalterne; ne hanno fatto apostasia le Chiese occidentali, che predicano una miscela di teologia della subordinazione (per i poveri) e di una teologia della dominazione (per i ricchi); ne hanno fatto scempio schiere di intellettuali prostituiti al liberalismo, regredito fino a incarnarne l’aspetto peggiore, ben illustrato da Losurdo nella sua Controstoria del liberalismo: il trionfo della libertà di schiavizzare.
Questi nostri ideali dobbiamo enunciarli in cima alla nostra Carta di fondazione. Nella loro interezza, senza timore né esitazioni, con tutta la forza necessaria a suscitare entusiasmi nei giovani e re-suscitarne nei maturi. Ideali di fratellanza; di solidarietà; di libertà dal bisogno, condizione di ogni altra libertà; di uguaglianza nei diritti fondamentali; di giustizia sociale; di lotta senza quartiere al dolore, ovunque si annidi e quale ne sia la causa.
Condizione imprescindibile per la realizzazione di questi nostri ideali è la rimozione  del morbo che ormai ha intaccato gli organi vitali del corpo sociale: bisogna togliere di mezzo il monopolio mediatico che trova la sua più letale cancrena in Berlusconi; bisogna ripristinare regole e strumenti che consentano una democrazia autentica; bisogna reinsediare l’esito di questa democrazia, cioè lo Stato, al posto che la Costituzione della Repubblica gli riserva: di esecutore della volontà espressa dal popolo; bisogna restituire a questo Stato il potere di governare: libertà d’azione economica e politica, che in campo internazionale richiede anche l’indipendenza militare.
Mi rendo conto di quanto oggi un lessico simile possa risultare incomprensibile, o addirittura ridicolo, a un popolo impoverito, nelle parole e nei pensieri, dalla propaganda dominante, ma, se sapremo essere docenti bravi e pazienti e, soprattutto, se sapremo dotarci di strumenti adeguati, potremo trasmettere idee che, qualche decennio fa, il defunto Partito Comunista Italiano diffondeva sintetizzandole in slogan come: Fuori l’Italia dalla Nato. Non poteva aggiungere: Fuori l’Italia dall’Europa, perché l’Europa all’epoca era solo un’idea vaga di confederazione di Stati liberi. Ma oggi possiamo farlo noi: Fuori l’Italia da questa Europa, dominata dalla versione aggiornata degli “schiavisti liberali” descritti da Losurdo.
Obiettivi impegnativi ma, ribadisco, i soli in grado di suscitare tensioni ideali potenziali e di risvegliare quelle sopite. Obiettivi la cui proclamazione, ancor prima della loro realizzazione, richiede un’organizzazione formidabile. Perché si tratta di scatenare un’offensiva di informazione e di formazione contro un esercito di manipolazione mediatica quale mai conosciuto. Ed è una guerra che devono combattere in prima linea gli intellettuali. Docenti, scrittori, giornalisti, studenti, editori, avvocati (a tutela degli spazi di libertà, ma non solo); e poi schiere di militanti acculturati e professionalmente coerenti, in ogni campo: il medico al servizio della sanità pubblica, il magistrato prono esclusivamente alla Legge, l’operaio che aderisce a un sindacato con orizzonti non delimitati da quelli della categoria che difende, ogni cittadino che adotti uno stile di vita coerente con le aspirazioni comuniste: dirittura morale, abiura del consumismo deteriore, cura di ciò che di più prezioso possiede, la propria autonomia intellettuale.
Quanti ne troveremo così? Pochi. Ma questo sito, potente stimolo allo studio della storia, docet che le rivoluzioni gonfiate da masse che valgono poco perché mosse da idee che valgono niente poi si spengono subito o fanno il gioco del nemico. La rivoluzione potrà essere solo miracolo da pionieri. Ne bastano pochi, se buoni. Il primo Manifesto del partito comunista lo scrissero in due…

martedì 12 giugno 2012

Guerra, indignazione e costruzione del nemico


Per chiarire  la campagna multimediale e militare in atto la Siria, riproduco una pagine ripresa dal mio libro: Il revisionismo storico. Problemi e miti, Laterza [DL].

Dalla guerra contro la Spagna del 1898 alla guerra contro la Siria
Il primato Usa della disinformazione


Da sempre i conflitti sono stati accompagnati da tentativi di diffamazione del nemico e dalla sapiente costruzione di una propaganda intessuta anche di menzogne. Si tratta di un’arma utilizzata in particolare contro i gruppi etnici considerati estranei alla civiltà. La stigmatizzazione dei «barbari» ha luogo anche mediante il rinvio alle loro pratiche «atroci». In America i pellerossa vengono dipinti in modo tanto più ripugnante quanto più spietata procede la loro cancellazione dalla faccia della terra. La guerra discriminatrice e di annientamento contro le popolazioni coloniali, esterne o interne alla metropoli, viene giustificata mediante la loro disumanizzazione, conseguita grazie all’invenzione pura e semplice di «atrocità» ovvero grazie alla dilatazione e alla lettura unilaterale di atrocità realmente commesse. In questo contesto può essere inserita la stessa leggenda dell’omicidio rituale per secoli attribuito agli ebrei, a suggello della loro irrimediabile estraneità alla civiltà in quanto tale.
 Nella misura in cui l’inasprimento dei conflitti tra popoli «civili» comporta l’espulsione dalla comunità civile del nemico, ecco che contro di lui si fa ricorso ad un’arma tradizionalmente riservata alla lotta contro i «barbari». E’ così che procedono le due parti belligeranti, e soprattutto il Nord, nel corso della guerra di Secessione. Ma è nel nostro secolo che assistiamo ad un salto di qualità. Assieme alla produzione industriale e su larga scala della morte, fa la sua apparizione la produzione industriale e su larga scala anche delle menzogne o delle mezze verità destinate a criminalizzare il nemico e a distruggerne l’immagine. Già la guerra ispano-americana, che chiude il diciannovesimo e inaugura il ventesimo secolo, viene preparata ideologicamente, da parte degli USA, mediante la diffusione di «notizie», inventate di sana pianta, che bollano gli spagnoli in quanto responsabili di aver ucciso prigionieri inermi e massacrato 300 donne cubane[1]. Ad un’ulteriore scalata si assiste nel corso del primo conflitto mondiale. Pur sviluppata da entrambe le parti, la campagna di diffamazione registra abbastanza presto il netto prevalere dell’Intesa:
Le denunce occidentali di atrocità tedesche cominciarono con la violazione della neutralità del Belgio da parte dei tedeschi nell’agosto 1914. I tedeschi -si disse- avevano violentato donne e perfino bambini, impalato e crocifisso uomini, mozzate lingue e seni, cavato occhi e bruciato interi villaggi. Queste notizie non venivano pubblicate soltanto in giornali scandalistici ma portavano anche la firma di famosi scrittori, da John Buchan e Arthur Conan Doyle ad Arnold Toynbee, per citare solo qualcuno [... ]
 Oggi sappiamo che le testimonianze, le dichiarazioni, le immagini, i fotogrammi che documentano le atrocità della Germania guglielmina, tutto ciò è il risultato di una sapiente manipolazione, cui fornisce il suo bravo contributo la nascente industria cinematografica americana, la quale gira nel New Jersey le scene sul comportamento efferato e barbaro delle truppe guglielmine in Belgio![2] Danno soprattutto da pensare due particolari delle «atrocità» attribuite ai tedeschi. Quello delle donne stuprate e dei seni mozzati ci riconduce alle rappresentazioni con cui in America l’ideologia ufficiale cercava di stimolare al tempo stesso le «ansie sessuali e razziali» nei confronti degli indiani[3]. Ci sono poi gli uomini «crocifissi»: è come se ora la pratica di omicidio rituale venisse attribuita ai tedeschi.



[1] Millis, 1989, p. 60.
[2] Gilbert, 1994, p. 432.
[3] Calloway, 1995.


Guerre, indignation et construction de l’ennemi
Domenico Losurdo

Dans un souci d’éclaircissement sur la campagne multi-médiatique et militaire qui est en acte contre la Syrie, je reproduis ci-dessous un extrait de mon livre Le révisionnisme en histoire. Problèmes et mythes(Traduit de l'italien par Jean-Michel Goux, 2006, Albin Michel, Paris).

« Certes, depuis toujours les conflits ont été accompagnés de tentatives de diffamation de l’ennemi et de la construction savante d’une propagande tissée de mensonges. Il s’agit d’une arme utilisée en particulier contre les groupes ethniques considérés comme étrangers à la civilisation. La stigmatisation des barbares a lieu aussi en renvoyant à leurs pratiques «atroces». En Amérique, les peaux-rouges sont dépeints de manière d’autant plus répugnante que procède de manière plus impitoyable leur élimination de la surface de la terre. La guerre discriminatrice et d’anéantissement contre les populations coloniales, qu’elles soient extérieures ou intérieures à la métropole, est justifiée au moyen de leur déshumanisation, obtenue par l’invention pure et simple d’ « atrocités», ou grâce au gonflement et à la lecture unilatérale d’atrocités réellement commises. On peut placer dans ce contexte la légende de l’homicide rituel attribué pendant des siècles aux Juifs, en vue de sceller leur irrémédiable extériorité à la civilisation en tant que telle.
Dans la mesure où l’exaspération des conflits entre peuples «civilisés» comporte l’expulsion de l’ennemi hors de la société civile, on fait usage contre lui d’une arme traditionnellement réservée à la lutte contre les «barbares». C’est ainsi que procèdent les deux parties belligérantes, et surtout le Nord, au cours de la guerre de Sécession. Mais dans notre siècle, nous assistons à un saut qualitatif. En même temps que la production industrielle et à grande échelle de la mort, fait son apparition la production industrielle et à grande échelle des mensonges ou des demi-vérités, destinés à criminaliser l’ennemi et à détruire son image. La guerre hispano-américaine déjà, qui conclut le dix-neuvième siècle et inaugure le vingtième, est préparée idéologiquement par les USA, au moyen de la diffusion de «notes», inventées de toutes pièces, qui stigmatisent les Espagnols comme responsables d’avoir exécuté des prisonniers désarmés et massacré trois cents femmes cubaines[1]. On assiste à une escalade ultérieure au cours du premier conflit mondial.  Bien que développée par les deux camps, la campagne de diffamation enregistre assez vite la nette prévalence de l’Entente.
Les dénonciations occidentales des atrocités allemandes commencèrent avec la violation de la neutralité de la Belgique par les Allemands en août 1914. Les Allemands – disait-on – avaient violé des femmes et même des enfants, empalé et crucifié des hommes, coupé des langues et des seins, crevé des yeux et brûlé des villages entiers. Ces nouvelles n’étaient pas seulement publiées dans les journaux à scandales, mais portaient aussi la signature d’écrivains fameux, de John Buchan à Arthur Conan Doyle et Arnold Toynbee, pour n’en citer que quelques-uns [...]
Nous savons aujourd’hui que les témoignages, les déclarations, les images, les photogrammes qui documentaient les atrocités de l’Allemagne wilhelmienne, tout cela était le résultat d’une savante manipulation, à laquelle fournit sa bonne contribution l’industrie cinématographique américaine naissante, qui tournait dans le New Jersey les scènes sur le comportement atroce et barbare des troupes de Guillaume en Belgique ![3] (surlignage m-a p.) Deux particularités des «atrocités» attribuées aux Allemands donnent surtout à penser. Celle des femmes violées et de seins coupés nous reconduit aux représentations par lesquelles aux Etats-Unis l’idéologie officielle cherchait à stimuler à la fois les «anxiétés sexuelles et les anxiétés raciales» à l’égard des Indiens[4]. Il y a ensuite les hommes «crucifiés» : c’est comme si on attribuait maintenant aux Allemands la pratique de l’homicide rituel.
[1] Millis, 1989, p. 60.
[2] Laqueur, 1995, pp. 18-19.
[3] Gilbert, 1994, p. 432.
[4] Calloway, 1995.

L'extrait cité ici, reçu de l'auteur pour diffusion, ne comporte pas l'indication des pages dans la version française,
m-a p

Un intervento di Giancarlo Scotuzzi


Pubblico senz'altro questo intervento e invito i lettori ad animare il dibattito, inviando le email a domenico.losurdo@uniurb.it [DL].

 

Il golpe in Sirie e quelli in Italia
Giancarlo Scotuzzi Milano, 11 giugno 2012

Le rivelazioni del giornalista francese Thierry Meyssan sull’imminenza di una manipolazione mediatica in Siria, propulsiva di un colpo di Stato a vantaggio degli Stati Uniti e dei loro alleati, sono credibili. Promanano da fonte sana e attendibile. Meyssan è stato il primo a svelare che dietro gli attentati dell’11 settembre 2001 c’era il governo degli Stati Uniti; tra i primi ha sbugiardato le rivoluzioni colorate inscenate ovunque possibile dagli Stati Uniti; è stato il primo a documentare la manipolazione mediatica che ha spinto gli elettori dei paesi made in Usa (italiani compresi) a salutare la neocolonizzazione della Libia come una guerra di liberazione dal tiranno; penultimo riconoscimento a Meyssan: ha denunciato sin dall’inizio come la rivolta anti-Assad sia uno stratagemma virtuale dato a bere alla stampa embedded (arruolata) dell’Occidente, giornali e tivù italiani tra i massimi beoni. Da senno, un tocco di credibilità personale: Meyssan, che da anni gestiva a Parigi un portale di controinformazione internazionale (Réseau Voltaire), è stato costretto a fuggirne, riparando in Libano, per la buona ragione che i servizi segreti francesi s’erano impegnati con quelli americano a farlo fuori.
Attribuita alla notizia sul golpe mediatico annunciato in Siria la credibilità che merita, credo sia urgente, per la sinistra rivoluzionaria italiana, porsi due domande.
La prima: è possibile che il popolo sovrano – domani in Siria, dopodomani in Italia – sia talmente credulone da prendere per oro colato tutto ciò che la televisione gli propina? Possibile che obbedisca agli impulsi del piccolo schermo (e della carta stampata che lo scimmiotta), al punto da essere disposto ad abiurare, dinanzi a immagini inedite, tutto quanto ha sedimentato in anni di altre visioni televisive e, soprattutto e speriamo, di letture e di deduzioni in proprio?
La seconda domanda: se la risposta alla prima è affermativa, se cioè non soltanto gli umori, ma persino i convincimenti profondi e supposti maturati e gravi (come l’assenso a una guerra!) dipendono da poche ore (cumulate qualche minuto qui e uno là, negli interstizi di una quotidianità focalizzata altrove) di esposizione al piccolo schermo, come speriamo di evitare, noi comunisti rivoluzionari, che dopodomani una manipolazione mediatica ci attribuisca chissà quali nequizie e dunque convinca il popolo che è il caso di toglierci di mezzo?
La risposta alla prima domanda (gli italiani sono creduloni?) è in questi titoletti, sintesi estrema di un Libro nero della democrazia in Italia che prima o poi qualcuno dovrà decidersi a scrivere.
Berlusconi
È sceso in politica, si è fatto eleggere, ha governato e continua a co-governare (è il plinto principale del governo Monti) nella totalità illegalità. Una legge dello Stato (ove non bastasse il buon senso distillato dalla Costituzione) vieta ai titolari di concessioni pubbliche, e a maggior ragione di quelle televisive, di candidarsi alle elezioni. Berlusconi ne possedeva tre, sulle tre maggiori private. Arrivato al governo le ha mantenute, maggiorandole dell’uso di quelle pubbliche. Ancora: ha esteso i propri tentacoli mediatici a centinaia di piccole e medie televisioni private, subordinandole con accordi commerciali di stile coloniale. Ebbene: forse che quello di Berlusconi non è stato un golpe mediatico? Forse che qualche partito politico ha fatto resistenza? Nessuno. Neppure il governo cosiddetto di sinistra (partecipato anche da Rifondazione e Pdci, gli stessi che ora pretendono chiamare a raccolta i rivoluzionari…) ha mai osato mettere mano a un conflitto di interessi (tra il Berlusconi imperatore mediatico e il Berlusconi politico) che è la negazione della democrazia italiana.
Europa
Gli elementi costitutivi di uno Stato sono: il territorio, la potestà legislativa, il braccio armato. L’Italia li ha ceduti tutti e tre a un sovra-Stato chiamato Unione Europea, alla Nato e agli Stati Uniti. La più grande base militare italiana (Aviano) è territorio degli Stati Uniti. Ci sono centinaia di atomiche innescabili esclusivamente dagli americani. A Vicenza (alla caserma Ederle, made in Usa) si è acquartierato il primo contingente della Polizia Europea, che obbedisce esclusivamente alla Commissione Europea, di cui stiamo per dire. Il parlamento italiano può continuare a fare leggi, certo, purché non contrastino con quelle emanate dalla Commissione Europea. No, non è un errore: le leggi europee non promanano dal cosiddetto parlamento europeo, che non ha alcun potere legislativo, ma soltanto un limitato diritto di veto sulle leggi, che sono frutto esclusivo della Commissione Europea. La quale non è neppure espressione del Parlamento Europeo, bensì dei potentati economici e dei governi europei. I sedicenti “deputati europei” (come lo furono e continuano a esserlo anche alcuni esponenti della cosiddetta sinistra italiana) sono burattini nelle mani della Commissione. I ministri economici italiani e la Banca d’Italia possono pontificare sul piccolo schermo quanto gli pare e proclamare tutti i provvedimenti e le riforme che gli passano per la testa, ma in concreto contano il proverbiale fico secco perché la politica economica si basa sulla gestione dei mezzi di pagamento, massime sul potere di battere moneta, mentre in Italia non si stampa un euro senza il permesso della Banca Europa, braccio finanziario dell’onnipotente Commissione.
Tutto questo trasferimento di poteri dallo Stato italiano alla Commissione Europea è formalizzato in una nuova Costituzione Europea (pudicamente ribattezzata Trattato Europeo). È scritto nero su bianco: il popolo italiano non è sovrano di un bel niente, se non di scegliere tra decine di canali televisivi tutti distributori della medesima sbobba intossicante.
Ebbene: qualcuno, tra i partiti presenti nel parlamento italiano o tra quelli che non sono riusciti a rientrarci loro malgrado, si è mai opposto contro questo golpe europeo ai danni della democrazia italiana? Qualcuno ha preteso di sottoporre a referendum una Costituzione Europea che fagocita quella italiana?
Guerre
La Costituzione della Repubblica Italiana (quella in vigore prima di essere violentata dalla Costituzione Europea) è cristallina: le forze armate devono servire esclusivamente per difender lo Stato. Concetto sacro, ribadito da settanta’anni, ogni 25 aprile, dal Capo dello Stato giù giù sino al presidente dell’Anpi di quartiere, come se a minacciare la democrazia basata sulla Costituzione fossero i fantasmi dei nazisti. Ma intanto i governi pro-Usa costruivano portaerei, che non servono a proteggere un Paese, ma a portare gli aerei e la guerra in Paesi lontani. Erano talmente consapevoli di violare la costituzione da battezzare la prima portaerei, la Garibaldi, “incrociatore tutto ponte”, se no il significante avrebbe tradito l’inconfessabile significato. Al varo della seconda portaerei, la Cavour, l’intossicazione mediatica aveva ormai immunizzato il popolo quanto basta per intortarlo. Ormai il terzo golpe mediatico italiano, bellico (dopo quello televisivo e quello europeo), era andato in porto: anni di falsi reportage, di false notizie, di immagini manipolate, di connivenze dei cosiddetti partiti di sinistra, avevano fatto credere agl’italiani che la Jugoslavia era un coacervo di etnie barbare che si massacravano a vicenda e che, ove non placcate, avrebbero contaminato di barbarie anche l’Italia. Così il  popolo italiano, radunato dinanzi ai notiziari di regime come i nonni a Piazza Venezia inneggianti alle guerre del Duce, fiduciò i successivi governanti, compresi quelli cosiddetti di sinistra: l’Italia partì in guerra anche sotto la ferula di Prodi e d’Alema.
Ebbene: s’è mai visto, contro tanta barbarie mediatica e bellica, levarsi un vagito di resistenza che non fosse quello, meramente simbolico e inefficace, di rari intellettuali con scarso seguito e irrisorio pondo sul teatrino mediatico?
Dagli anni Novanta la maggioranza degl’italiani è snerbata di autonomia critica. Crede a tutto ciò che le mostrano e le fanno leggere, purché siano visioni e letture divertenti e ovvie.
All’oggi e alla Siria: la risposta alla prima domanda (gl’italiani berranno la favola sulla rivoluzione siriana?) è: sì.
Quanto alla seconda domanda (che fare, noi comunisti rivoluzionari, per contrastare l’onda barbarica?), la risposta ci rinvia all’urgenza di organizzarci. Mentre in qualche migliaio leggiamo siti alla Losurdo e alla Meyssan, milioni di telespettatori suggono la favola dei soldati di Assad che si fanno scudo di bambini. Domani s’infiammeranno per la sorte degli eroici rivoluzionari siriani falciati dalle raffiche delle truppe governative e affolleranno Piazza Venezia virtuale – dove ieri hanno osannato Berlusconi e l’Europa über alles – per plaudere all’ennesima guerra coloniale.
E noi, continueremmo ad appagarci di affidare il nostro sdegno alle email e ai dibattiti tra intimi, versione moderna dei messaggi in bottiglia?

Insomma: cogliamo il bollettino dal fronte siriano per quel che comunismo militante esige: decidiamoci a fondarlo, questo Partito Comunista Italiano, o tra non molto, quando Obama avrà scatenato l’annunciata Cyberwar (che gli consente di censurare e manipolare tutto ciò che internet e onde televisive diffondono) i nostri sfoghi, una volta vergati, dovremo passarceli a mano, se non ingoiarli.

Coups d’état : annoncé en Syrie, tus en Italie
Giancarlo Scottuzzi Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Milan, 11 juin 2012
Les révélations du journaliste français Thierry Meyssan sur l’imminence d’une manipulation médiatique en Syrie, propulsive d’un coup d’Etat à l’avantage des Etats-Unis et de leurs alliés, sont crédibles. Elles proviennent d’une source saine et digne de foi. Meyssan a été le premier à dévoiler que derrière les attentats du 11 septembre 2001 se trouvait le gouvernement des Etats-Unis ; parmi les premiers il a démasqué les révolutions colorées mises en scène, partout où c’était possible, par les Etats-Unis ; il a été le premier à documenter la manipulation médiatique qui a poussé les électeurs des pays made in usa (italiens compris) à saluer la néo-colonisation de la Libye comme une guerre de libération du tyran ; avant-dernière reconnaissance à Meyssan : il a annoncé dès l’origine comment la révolte anti-Assad est un stratagème virtuel dont on abreuve la presse embedded de l’Occident, journaux et télés italiennes au premier rang des plus grands ivrognes. A l’aune du bon sens, un brin de crédibilité personnelle : Meyssan, qui depuis des années gérait à Paris un portail international de contre information (Réseau Voltaire), a été contraint de s’enfuir, pour se réfugier au Liban[1], pour la bonne raison  que les services secrets français[2] s’étaient employés, avec leurs collègues étasuniens, à le liquider.
La crédibilité qu’elle mérite étant attribuée à la nouvelle du coup médiatique annoncé en Syrie, je crois urgent, pour la gauche révolutionnaire italienne, de se poser deux questions.

La première : est-il possible que le peuple souverain –demain en Syrie, après-demain en Italie- soit jobard au point de prendre pour argent comptant tout ce que la télévision lui sert ? Est-il possible qu’il obéisse aux impulsions du petit écran (et du papier imprimé qui le singe), au point d’être disposé à abjurer, devant des images inédites, tout ce qu’il a sédimenté pendant des années d’autres images télévisées et surtout, espérons, de lectures et de déductions personnelles ?

Deuxième question : si la réponse à la première question est affirmative, c’est-à-dire si non seulement les humeurs, mais jusqu’aux convictions profondes et supposées maturées et graves (comme l’accord pour une guerre !) dépendent de quelques heures (cumulées en quelques minutes de ci de là, dans les interstices d’une quotidienneté focalisée ailleurs) d’exposition au petit écran, comment pouvons-nous espérer éviter, nous communistes révolutionnaires, qu’après-demain une manipulation médiatique ne nous attribue qui sait quelles infamies et ne convainque donc le peuple qu’il y a lieu de nous liquider aussi ?

La réponse à la première question (les italiens sont-ils des jobards ?) est évoquée dans les sous-titres qui suivent, synthèse extrême d’un Livre noir de la démocratie en Italie, qu’un jour ou l’autre il faudra bien que quelqu’un se décide à écrire.

Berlusconi.
Il est arrivé en politique, il s’est fait élire, il a gouverné et continue à co-gouverner (il est le pilier central du gouvernement Monti) en totale illégalité. Une loi de l’Etat  (au cas où le bon sens distillé par la Constitution n’aurait pas suffi) interdit aux titulaires de concessions publiques, et à plus forte raison de concessions télévisuelles, de se présenter aux élections. Berlusconi en possédait trois, sur les trois plus grosses privées. Arrivé au gouvernement il les a gardées, en y rajoutant l’utilisation de celles publiques. Mieux : il a étendu ses propres tentacules médiatiques à des centaines de petites et moyennes télévisions privées, en les subordonnant par des accords commerciaux de type colonial. Eh bien ? Le golpe de Berlusconi n’aurait-il pas été un coup d’état médiatique ? Quelque parti politique a-t-il fait preuve de résistance ? Personne. Pas même le gouvernement dit de gauche (auquel ont participé aussi Rifondazione et le Pdci, ceux-là même qui aujourd’hui prétendent en appeler aux révolutionnaires…) n’a jamais osé dénoncer un conflit d’intérêt (entre le Berlusconi empereur médiatique et le Berlusconi politique) qui est la négation de la démocratie italienne.

Europe
Les éléments constitutifs d’un Etat sont : le territoire, l’autorité législative, le bras armé. L’Italie les a cédés tous les trois à un sur-Etat appelé Union Européenne, à l’Otan et aux Etats-Unis. La plus grande base militaire italienne (Aviano) est territoire des Etats-Unis. Il y a là des centaines d’armes atomiques que seuls les Etasuniens peuvent déclencher. À Vicence (à la caserne Ederle, made in usa) a pris ses quartiers le premier contingent de la Police européenne, qui obéit exclusivement à la Commission Européenne, dont nous allons parler à présent. Le parlement italien peut continuer à faire des lois, certes, pourvu qu’elles ne viennent pas contrecarrer celles émanant de la Commission Européenne. Non, ce n’est pas une erreur : les lois européennes ne sont pas promulguées par le soi-disant parlement européen, qui n’a aucun pouvoir législatif, mais rien qu’un droit de veto limité sur les lois, qui sont le fruit exclusif de la Commission Européenne. Laquelle n’est même pas une expression du Parlement Européen, mais bien celle des potentats économiques et des gouvernements européens. Les soi-disant « députés européens » (comme le furent et continuent de l’être certains des dirigeants de la soi-disant gauche italienne) sont des marionnettes aux mains de la Commission. Les ministres économiques italiens et la Banque d’Italie peuvent pontifier sur le petit écran autant qu’ils veulent et proclamer toutes les mesures et réformes qui leur passent par la tête : mais concrètement ils comptent autant que les prunes du proverbe, parce qu’une politique économique se fonde sur la gestion des moyens de paiement, sur le pouvoir de battre monnaie, alors qu’en Italie on n’émet pas un euro sans la permission de la Banque Europe, bras financier de l’omnipuissante Commission.
  Tout ce transfert de pouvoirs de l’Etat italien à la Commission Européenne est formalisé par une nouvelle Constitution Européenne (pudiquement rebaptisée Traité Européen). C’est écrit noir sur blanc : le peuple italien n’est souverain de rien du tout, si ce n’est de choisir parmi des dizaines de chaînes télévisées toutes distributrices de la même bouillie intoxicante.
  Résultat : quelqu’un, parmi les partis présents au parlement italien ou parmi ceux qui, malgré eux, ne sont pas arrivés à y entrer, s’est-il jamais opposé à ce coup d’Etat européen aux détriments de la démocratie italienne ? Quelqu’un a-t-il osé prétendre soumettre à référendum une Constitution Européenne qui phagocyte celle italienne ?

Guerres
La Constitution de la République Italienne (celle en vigueur avant d’être violentée par la Constitution Européenne) est limpide : les forces armées doivent servir exclusivement pour défendre l’Etat. Concept sacré, répété depuis soixante-dix ans, chaque 25 avril, par le Chef de l’Etat jusqu’au moindre président d’ANPI[3] de quartier, comme si c’étaient les fantômes des nazis qui menaçaient la démocratie fondée sur la Constitution. Pendant ce temps les gouvernements pro-Usa construisaient des porte-avions, qui ne servent pas à protéger un pays, mais à porter les avions et la guerre dans des pays lointains. Ils étaient tellement conscients, ces gouvernements, de violer la constitution qu’ils en baptisaient le premier porte-avions, le Garibaldi, «croiseur tutto ponte », sinon le signifiant aurait trahi l’inconfessable signifié. Au lancement du second porte-avions, le Cavour, l’intoxication médiatique avait désormais suffisamment immunisé le peuple pour l’entarter. Désormais le troisième coup d’état médiatique italien, guerrier (après le télévisé et l’européen), était arrivé à bon port : des années de faux reportages, de fausses nouvelles, d’images manipulées, de connivences des soi-disant partis de gauche, avaient fait croire aux Italiens que la Yougoslavie était un nid d’ethnies barbares qui se massacraient entre elles et qui, si on ne les calmait pas, allaient contaminer même l’Italie de leurs barbaries. Ainsi le peuple italien, rassemblé devant les journaux de régime tout comme leurs grands-parents à Piazza Venezia exaltant les guerres du Duce, donna sa confiance aux gouvernements successifs, ceux d’une soi-disant gauche compris : l’Italie partit aussi en guerre sous la férule de Prodi et de D’Alema.
  Et alors : a-t-on jamais vu, devant tant de barbarie médiatique et guerrière, s’élever le moindre vagissement de résistance à part celui, purement symbolique et inefficace, de rares intellectuels à faible audience et poids dérisoire sur le petit théâtre médiatique ?
  Depuis les années 90’, la majorité des Italiens est dénervée d’autonomie critique.  Elle croit tout ce qu’on lui montre et ce qu’on lui fait lire, pourvu que ce soit des images et des lectures divertissantes et simplistes.

Venons-en au présent et à la Syrie : la réponse à la première question (les Italiens vont-ils avaler la fable sur la révolution syrienne ?) est : oui.
Quant à la deuxième question (que faire, nous communistes révolutionnaires, pour affronter la vague barbare ?), la réponse nous renvoie à l’urgence de nous organiser. Pendant que nous sommes quelques milliers à lire des sites à la Losurdo et à la Meyssan, des millions de téléspectateurs tètent la fable des soldats d’Assad prenant des enfants comme boucliers humains. Demain ils s’enflammeront  pour les pseudos héros révolutionnaires syriens fauchés par les rafales des troupes gouvernementales, et se presseront sur une Piazza Venezia virtuelle –où ils ont hier encensé Berlusconi et l’Europe über alles- pour applaudir l’énième guerre coloniale.

  Et nous, continuerons-nous à nous contenter de défouler notre dédain en emails et débats entre intimes, version moderne de la bouteille à la mer ?
  En somme : prenons le bulletin du front syrien pour ce qu’un communisme militant exige : décidons-nous à le fonder, ce Parti Communiste Italien, ou bien sous peu, quand Obama aura déchaîné la Cyberwar annoncée (qui lui permet de censurer et manipuler tout ce qu’Internet et ondes télévisées diffusent), nos défoulements, une fois griffonnés, nous devrons nous les passer de main en main, si ce n’est les manger.


* Giancarlo Scotuzzi est journaliste ; retraité à Milan, il a travaillé dans plusieurs organes de presse et notamment dans l’ex journal coopératif de la région de Brescia (Bresciaoggi) avant de fonder le journal en ligne Il Cronista. Son travail de journaliste lui a valu les déboires judiciaires et professionnels inévitables en Italie pour qui s’oppose et résiste à l’empire médiatique berlusconien.


[1] Puis Venezuela, et à présent Syrie, NdT
[2] Après l’arrivée au pouvoir de N. Sarkozy
[3] Associazione Nazionale Partigiani d’Italia : association des anciens résistants de la seconde guerre mondiale, http://www.anpi.it/resistenza-e-partigiani/